De nouveaux arguments juridiques viennent s’ajouter au dossier en faveur du contrôle des contenus publicitaires des utilisateurs du web. Bien que de nombreuses entreprises souhaitent conserver ce contrôle, la tendance actuelle est de redonner à l’utilisateur son pouvoir de décision, une bataille que mène la FSF. Explications.
La publicité fait partie de notre quotidien et occupe une place considérable dans notre expérience de consommation. Pour contrer ce phénomène marketing, certains internautes choisissent d’installer des adblocks (bloqueurs de publicité) sous forme d’extensions web ou de plugins visant à filtrer tout contenu indésirable. Cela soulève des questions sur la conformité à la loi. Les adblocks ne pourraient-il pas compromettre le bon fonctionnement d’un marché ? La FSF (Free Software Foundation) s’est penché sur la question.
Activer des adblocks, est-ce réellement légal ?
C’est une question sur laquelle se sont penchées de nombreuses entreprises en prenant conscience de l’ampleur de la tendance. Tendance qui, a suscité une véritable bataille juridique entre Axel Springer SE, société d’édition allemande, et le groupe Eyeo GmbH, créateur d’Adblock Plus (outil de blocage des publicités en logiciel libre sous licence GPLv3).
Les arguments de l’éditeur allemand reposaient sur des pratiques anticoncurrentielles de la part des créateurs de bloqueurs de publicité, qui interférent avec son activité et portent atteinte à la liberté de la presse.
Cette démonstration était étayée par un raisonnement autour des droits d’auteur de programme informatique. En effet, Axel Springer a déclaré qu’Adblock Plus, en plus d’adopter une pratique commerciale agressive, enfreint ses droits d’auteur en copiant le code de son site sans autorisation.
Malgré les nombreuses tentatives visant à exposer les contraintes générées par l’utilisation des bloqueurs de publicités, les tribunaux ont statué en priorisant la protection des droits et libertés des utilisateurs sur Internet.
Une reconnaissance légitime
La décision du tribunal allemand renforce la position du groupe Eyeo GmbH en se désengageant de toute responsabilité dans l’activité commerciale des sites propriétaires. Les internautes sont autonomes et responsables du paramétrage des modules AdBlock. Ils sont libres de choisir leurs préférences en termes de publicités et d’informations partagés depuis leur poste.
En plus de reconnaître l’importance de garantir la liberté d’expression des internautes, les juges ont mis en évidence le droit, pour ces derniers, de refuser de recevoir des contenus imposés lors de leur propre expérience de navigation. À ce sujet, il convient de préciser que les utilisateurs peuvent légitimement améliorer ou modifier l’apparence d’un site sans obligatoirement demander l’autorisation aux propriétaires.
Bien que ses affaires ne détaillent pas toutes les possibilités escomptées pour les utilisateurs de personnaliser leur navigation., elles confirment bien la volonté de la justice de garantir leurs droits et libertés d’expressions sur Internet.
