Image de couverture du rapport "Data Trust and Resilience Report 2026" de Veeam, montrant le titre en blanc et vert sur un fond dégradé de bleu et de ciel.

Résilience : pourquoi 90 % des entreprises se croient protégées (et ont tort)

On appelle cela le paradoxe du capitaine de Titanic : une confiance absolue dans la structure, jusqu’au moment de l’impact. Selon le dernier rapport Veeam Data Trust and Resilience 2026, 90 % des responsables de la sécurité se disent « très confiants » dans leur capacité à restaurer leurs données. Pourtant, la réalité est glaciale : moins d’une victime de ransomware sur trois parvient à récupérer l’intégralité de ses fichiers.

Ce décalage entre la perception du risque et la capacité réelle de réaction pose une question de fond, particulièrement au moment où les infrastructures publiques et privées tentent de regagner leur souveraineté numérique : on l’a vu en France ces derniers jours avec le projet Linux de la DINUM, ou encore en Allemagne avec l’exigence d’interopérabilité.

La statistique qui fâche : 72 % de récupération moyenne

L’étude, menée auprès de 900 responsables à travers le monde, révèle que la confiance ne remplace pas la preuve. En moyenne, après une attaque par ransomware, les entreprises ne récupèrent que 72 % de leurs données. Pire, seules 28 % d’entre elles réussissent une restauration totale. Pour les autres, l’incident se solde par des pertes financières, un impact sur le chiffre d’affaires (41 %) et une interruption prolongée des systèmes critiques.

Pour Anand Eswaran, CEO de Veeam, la résilience doit devenir une mesure concrète : il ne s’agit plus de « croire » que l’on est prêt, mais de prouver que l’on peut restaurer des données saines à la vitesse des machines.

L’IA, accélérateur de vulnérabilités

L’adoption fulgurante de l’IA générative ne fait qu’aggraver ce fossé. Le rapport souligne que 43 % des organisations estiment que le rythme d’adoption de l’IA dépasse leur capacité à sécuriser les modèles et les flux de données.

On assiste à l’émergence d’un « Shadow AI« , où l’usage non autorisé d’outils d’intelligence artificielle par les employés crée de nouveaux points d’exposition que les politiques de sécurité traditionnelles ne couvrent pas encore. Ce manque de visibilité sur l’endroit où circulent les données rend la sauvegarde et la gouvernance beaucoup plus complexes, augmentant mécaniquement le risque de corruption ou de perte irrémédiable.

Passer de l’intention à l’exécution

Pour sortir de cette zone de danger, l’étude identifie quatre leviers fondamentaux. Tout d’abord, une visibilité totale sur les données, y compris celles issues de l’IA. Ensuite, l’application de contrôles de sécurité stricts (comme la prévention des pertes de données, ou DLP) plutôt que de simples politiques théoriques. Le troisième point, sans doute le plus crucial, est la validation systématique par des tests de restauration réalistes. Enfin, un alignement total de la direction sur ce que signifie concrètement une « restauration réussie ».

Le budget joue également un rôle clé : les entreprises qui augmentent leurs investissements en cybersécurité, notamment dans le stockage immuable et la sauvegarde automatisée, affichent un taux de récupération totale bien plus élevé (40 % contre 16 % pour celles dont le budget stagne).

L’étude est accessible (en anglais) en téléchargement, gratuitement (après inscription).

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