Wayland, tout comme X.Org, sont des serveurs graphiques. Leur rôle principal est de faire le lien entre les applications et le matériel vidéo (cartes graphiques, écrans, etc.). X.Org permet également de gérer les périphériques d’entrées comme les claviers, souris ou autre.
Exemple
Vous décidez de lancer Firefox, Empathy ainsi que Thunderbird sur votre ordinateur. Chacun de ces logiciels va donc se voir attribuer une mémoire graphique sur le serveur et aura la possibilité de faire ce qu’il désire de sa fenêtre. Firefox s’occupe de dessiner votre page d’accueil. Empathy dessine votre liste de contacts et Thunderbird vos messages en attente d’être lus. Tous les trois disent » Hé serveur graphique ! J’ai terminé ma demande « . Ce même serveur va prendre compte de cet état et les dessiner (composer) les trois ensembles sur le même écran qui est le vôtre.
En avant vers Wayland…
Kristian Hogsberg, créateur du projet Wayland et ancien développeur du serveur graphique X.Org, travaille à plein temps pour Intel qui se veut l’un des premiers utilisateurs de Wayland. L’idée d’origine est de simplifier le serveur graphique en se concentrant sur l’essentiel, à la différence de X.Org qui contient énormément de fonctionnalités, mais dont beaucoup sont peu utilisées et rendent sa maintenance lourde et fastidieuse. Après la sortie d’une version 1.0 de Wayland qui devait préfigurer une version stabilisée, trois autres versions mineurs ont rapidement suivis pour finir de stabiliser cette version. La dernière version, portant le numéro 1.0.3 est sortie ce 15 décembre 2012.
C’est une étape très importante. Wayland est en développement depuis 2008 et cette version permet enfin d’offrir une API stabilisée en vue d’être utilisée.
Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Une version 1.2 est en cours de développement et devrait apporter quelques nouvelles fonctionnalités, comme la gestion de l’affichage via le réseau. Sortie prévue courant 2013.
Inconvénients de Wayland
Comme toute création digne de ce nom, elle possède un certain nombre d’inconvénients et d’avantages. Commençons par le mauvais côté :
- Les décorations de fenêtre sont à la charge de l’application, donc nous risquons d’en voir de toutes les couleurs, même si théoriquement, le système pourra empêcher ce type de manœuvre…
- Le clavier ne pourra être monopolisé par une seule application sauf pour les menus déroulants.
- KMS doit être disponible, seuls les noyaux de type Unix le possède pour le moment et de plus, seuls les pilotes libres sont gérés pour le moment. Pour AMD et Nvidia, revenez plus tard…
- Il faut porter toutes les applications vers ce nouveau serveur graphique. Toutefois, une cohabitation entre X.Org et Wayland sera prévue au départ.
Avantages de Wayland
Pour les avantages, le premier et certainement le plus important, est de simplifier la gestion de l’affichage. C’est donc principalement au niveau du développement que les avantages se feront voir les premiers.
Un avantage beaucoup plus visuel pour un utilisateur standard est qu’on devrait avoir une gestion plus cohérente de l’affichage (plus de bugs au démarrage du système et sur LightDM, peut être moins de lenteur…) et une meilleure économie d’énergie.
Les améliorations seront surtout visibles dans le temps, avec de meilleurs drivers et peut-être une amélioration de l’affichage (anticrénelage par exemple).
Si cette première version stable ne peut pas être considérée comme une version mature pour être intégrée sur une distribution ; elle marque toutefois un pas important dans le développement du projet.
– Avec UbuntuUser