Événement multilatéral majeur le week-end dernier ! Les 21 économies membres de l’APEC (dont les États-Unis et la Chine) s’accordent pour faire de l’IA open source un levier de croissance prioritaire dans la Déclaration de Chengdu. Un assouplissement diplomatique au cœur des tensions technologiques.
L’ouverture vient de s’imposer comme le terrain d’entente inattendu entre les deux plus grandes puissances technologiques de la planète. Lors de la réunion ministérielle 2026 de l’APEC consacrée au numérique, tenue à Chengdu sous la présidence du ministre chinois Li Lecheng, les 21 économies membres ont officiellement ratifié la Déclaration de Chengdu. Il s’agit du tout premier texte ministériel du bloc faisant du soutien et de l’investissement dans les modèles d’intelligence artificielle open source une priorité politique partagée. Dans le cas de la Chine, soyons prudents : open source signifie bien souvent open weight.
Bon à savoir : qu’est-ce que l’APEC ?
L’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation ou Coopération économique Asie-Pacifique) est un forum intergouvernemental créé en 1989. Il regroupe 21 économies membres bordant l’océan Pacifique — notamment les États-Unis, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, le Canada, l’Australie, le Mexique ou le Viêt Nam. Ensemble, ces territoires représentent près de 60 % du PIB mondial et environ 48 % du commerce international. On parle d’« économies » plutôt que d’« États » pour permettre la participation simultanée de la Chine, de Hong Kong et de Taïwan (Chinese Taipei).
Guerre des modèles : pourquoi l’Amérique se déchire sur les poids ouverts face à l’Asie
Un consensus politique rare au cœur de la guerre commerciale
La signature de la Déclaration de Chengdu intervient dans un climat de vive rivalité technologique. Washington accuse régulièrement Pékin d’exécuter des campagnes de pillage de la propriété intellectuelle par le biais d’attaques de distillation automatisées de modèles d’IA, des griefs qualifiés de calomnies infondées par les autorités chinoises.
Pourtant, le chapitre V du texte formalise noir sur blanc l’engagement des États signataires en faveur du logiciel libre :
« Nous notons le rôle important des approches open source de confiance pour libérer le potentiel des technologies numériques et stimuler l’innovation dans l’économie numérique. Tout en respectant la sécurité, la protection des données et les droits de propriété intellectuelle, nous encourageons les économies membres à soutenir les modèles et projets open source qui mettent en œuvre une assurance sécurité renforcée […]. »
Les 5 piliers de la déclaration de Chengdu
Au-delà de la promotion des briques ouvertes, le consensus s’organise autour de cinq axes stratégiques destinés à encadrer la transformation numérique de la région Asie-Pacifique d’ici 2040 :
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Connectivité numérique universelle : déploiement d’infrastructures télécoms résilientes et abordables dans les zones rurales et sous-équipées.
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IA et croissance économique : accompagnement de la transition numérique des TPE-PME et numérisation des secteurs industriels.
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Literie et compétences numériques : formation des citoyens et sensibilisation des décideurs politiques aux usages de l’IA.
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Environnement numérique de confiance : lutte coordonnée contre la cybercriminalité, les fuites de données et les escroqueries en ligne.
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Investissement et écosystème open source : financement d’infrastructures lourdes et coopération renforcée avec les communautés du logiciel libre.
Cette feuille de route politique pose les bases des discussions bilatérales prévues entre les responsables américains et chinois à la rentrée, avant le sommet des chefs d’État programmé pour novembre à Shenzhen. Elle confirme que l’open source demeure le langage universel indispensable pour réguler et diffuser l’innovation à l’échelle globale.
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