Comment ClickFix propage des rançongiciels et autres maliciels

Un nouveau rapport sur les cybermenaces, couvrant la période de décembre 2024 à mai 2025, met en lumière un phénomène inquiétant : la montée fulgurante d’un vecteur d’attaque baptisé ClickFix. Il s’agit d’une méthode particulièrement rusée qui, sous couvert d’une fausse erreur affichée à l’écran, pousse les utilisateurs à copier puis coller une commande malveillante dans leur terminal. Ce geste, anodin en apparence, permet aux attaquants d’exécuter du code nuisible directement sur le système ciblé.

En à peine six mois, ClickFix est devenu le deuxième vecteur d’attaque le plus courant après le phishing, représentant près de 8 % de toutes les attaques bloquées selon les données collectées. Ce mode opératoire ne cible pas uniquement les utilisateurs de Windows : Linux et macOS sont tout autant concernés. Une situation qui rappelle que l’usage de systèmes open source n’est pas une garantie absolue de sécurité, en particulier si les utilisateurs sont amenés à exécuter des instructions sans vérification.

ClickFix agit comme une porte d’entrée pour des maliciels très variés : voleurs d’informations, chevaux de Troie d’accès à distance (RAT), outils de post-exploitation, crypto-mineurs, voire des logiciels personnalisés mis au point par des groupes étatiques. Cette diversité d’attaques s’inscrit dans une tendance plus large de maliciels en tant que service (MaaS), où les outils malveillants sont distribués à la demande à des groupes cybercriminels moins techniques.

Dans ce contexte, certains voleurs de données refont surface avec force. C’est le cas de SnakeStealer, aussi connu sous le nom de Snake Keylogger. Il remplace progressivement l’Agent Tesla et devient l’un des logiciels malveillants les plus observés. Enregistrements de frappes, vols d’identifiants, captures d’écran : son arsenal est vaste, et ses cibles souvent peu préparées. Ces menaces renforcent l’importance de solutions de surveillance proactive, notamment dans les environnements critiques où l’ingénierie sociale reste l’un des points d’entrée les plus efficaces.

Côté rançongiciels, l’actualité est paradoxalement encourageante. Si les attaques se multiplient, le montant des rançons effectivement versées diminue. Cette évolution s’expliquerait par la désorganisation croissante du secteur, due à des démantèlements et à une vague de méfiance à l’égard des groupes eux-mêmes, parfois incapables d’assurer la restitution des données après paiement. La notion de “contrat implicite” entre les cybercriminels et leurs victimes s’érode.

Les plateformes mobiles ne sont pas épargnées. Android, en particulier, voit émerger des menaces comme Kaleidoscope, une appli trompeuse qui inonde l’écran de publicités tout en ralentissant l’appareil. Les campagnes exploitant la technologie NFC se multiplient également : en un semestre, les cas de fraude ont été multipliés par trente-cinq, souvent via des attaques de relais ou d’usurpation de cartes numériques. La campagne GhostTap montre à quel point cette technologie peut être détournée pour réaliser des paiements sans contact en douce, depuis des portefeuilles numériques piratés.

Cette montée en puissance de menaces multiplateformes, diffusées à travers des canaux variés et de plus en plus sophistiqués, confirme une chose : la sécurité ne peut plus être pensée en silos. Elle impose une approche transversale, incluant des outils open source robustes, une hygiène numérique constante et une veille active sur les nouvelles formes d’ingénierie sociale. Face à des attaques aussi insidieuses que ClickFix, même les utilisateurs les plus aguerris peuvent être pris au piège.

Le rapport complet est disponible en PDF (en anglais) à cette adresse.

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