Façade géométrique en verre moderne de l'architecture urbaine de La Défense affichant des motifs de grilles répétitifs avec la lettre "e" stylisée sur un panneau blanc à gauche.

Darktable 5.6 intègre des outils IA optionnels dans l’éditeur photo open source 📸

Souriez, le projet darktable lance sa version 5.6.0. Au programme : masquage intelligent SAM 2.1 et restauration neuronale. Fidèles aux valeurs open source, les devs laissent l’IA totalement optionnelle. Voilà qui n’est pas sans rappeler… Firefox.

Disponible depuis ce dimanche 21 juin 2026, la nouvelle version majeure darktable 5.6.0 s’impose comme la mise à jour la plus riche en fonctionnalités de l’éditeur photo RAW depuis plusieurs années. La grande nouveauté réside dans l’introduction d’un sous-système d’intelligence artificielle. Conscient des débats qui agitent la communauté du logiciel libre, l’équipe de développement a choisi de proposer une intégration 100 % débrayable, qui rappelle la stratégie de Mozilla lors du lancement de Firefox 148 et son bouton tueur d’IA.

Une IA sous contrôle : l’approche prudente

Dans darktable 5.6, l’intelligence artificielle ne s’impose pas à l’utilisateur. Le sous-système d’IA est délibérément maintenu inactif par défaut. Tant que le photographe ne choisit pas explicitement de l’activer dans les préférences, aucune bibliothèque ONNX Runtime n’est chargée en mémoire et aucune activité liée à l’IA ne s’exécute en arrière-plan.

Une fois le commutateur activé, aucun redémarrage de l’application n’est requis. Les modèles neuronaux nécessaires sont alors téléchargés à la volée depuis un dépôt externe entièrement configurable. Un choix technique respectueux de la philosophie open source, calqué (notamment) sur les initiatives de contrôle de l’IA par Mozilla dans Firefox.

Sélection intelligente et restauration neuronale au banc d’essai

Pour les utilisateurs qui franchiront le pas, ce nouveau sous-système apporte des outils de retouche intéressants :

  • Masque d’objet par IA : intégré au gestionnaire de masques de la chambre noire, cet outil s’appuie sur les modèles de pointe SAM 2.1 (Segment Anything Model) ou SegNext. Il suffit de placer quelques points de repère au premier plan ou en arrière-plan pour que le système génère un détourage précis en un seul clic. Les contours peuvent ensuite être affinés via un post-traitement DenseCRF pour une transition parfaite tenant compte des bords de l’image.

  • Module de restauration neuronale : logé dans la barre latérale, ce module propose trois tâches distinctes exécutées en local : le débruitage RAW (basé sur RawNIND UtNet2), le débruitage RVB (NIND UNet) et le suréchantillonnage 2x/4x (RealPLKSR) pour augmenter la résolution des fichiers.

Gestion de la mémoire et résilience matérielle

Les modèles d’inférence neuronale sont particulièrement gourmands en ressources de calcul. Darktable intègre des scripts d’installation spécifiques pour Linux et Windows afin de configurer l’accélération matérielle (GPU) selon votre fondeur (NVIDIA, AMD ou Intel).

Pour éviter les crashs systèmes lors du traitement par lot de fichiers massifs, l’éditeur a développé un mécanisme de bascule automatique : si l’inférence GPU échoue par manque de mémoire vidéo (VRAM), darktable bascule instantanément le calcul sur le processeur (CPU) pour finaliser la tâche sans interrompre le flux de travail.

Les autres nouveautés majeures (sans IA)

Au-delà des algorithmes prédictifs, cette version disponible sur le dépôt GitHub officiel de darktable sous licence GPL-3.0 apporte des outils de traitement géométrique et colorimétrique très attendus :

Le module Colorharmonizer

Cet outil applique des corrections d’harmonie des couleurs au sein de l’espace colorimétrique UCS. Il permet de faire pivoter les teintes d’une image vers des structures cibles standardisées (arrangements complémentaires, triadiques ou tétradiques). Le module se synchronise en temps réel avec le vectorscope en mode RYB, permettant de contrôler directement les angles d’harmonie et de rotation depuis le graphique.

Exportation HEIF native

Darktable 5.6 introduit enfin le support complet de l’export au format HEIF. L’utilisateur peut opter pour une compression avec ou sans perte, configurer le sous-échantillonnage de la couleur et sélectionner des profondeurs d’échantillonnage de 8, 10 ou 12 bits.

Interface et confort de travail

L’espace de travail de la chambre noire double sa résolution d’affichage de prévisualisation, passant de 720×450 à 1440×900 pixels, offrant ainsi des données bien plus précises pour les outils de mesure et les scopes. L’interface s’allège également grâce à l’introduction d’un « mode condensé » pour les commandes des panneaux de contrôle afin de réduire l’encombrement visuel historique du logiciel. Enfin, la mise à jour active la prise en charge native des gestes de pavé tactile (zoom par pincement et défilement à deux doigts) sur Linux et Windows.

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