L’autonomie numérique n’est plus un simple concept politique, c’est une urgence opérationnelle. Selon le rapport 2026 State of Open Source publié par Perforce Software (en collaboration avec l’OSI et l’Eclipse Foundation), les entreprises européennes se ruent vers l’ouverture pour une raison précise : échapper à l’emprise des géants propriétaires.
C’est le marqueur le plus important de cette enquête annuelle : 55 % des répondants citent désormais l’évitement du verrouillage fournisseur (vendor lock-in) comme moteur principal de leur adoption de l’open source. Cela représente une augmentation de 68 % d’une année sur l’autre.
Ce besoin d’indépendance est particulièrement viscéral sur notre vieux continent. Selon le rapport de Perforce, 63 % des organisations de l’UE et du Royaume-Uni identifient ce point comme une raison majeure de leur choix, contre seulement 51 % en Amérique du Nord. L’autonomie numérique est devenue une priorité stratégique pour répondre aux exigences réglementaires de plus en plus strictes de l’Union européenne.
Maintenance et dettes : le revers de la médaille de l’ouverture
Si l’open source offre la liberté, il impose aussi une rigueur de maintenance que beaucoup d’entreprises peinent encore à assumer. Le rapport dresse un tableau opérationnel pour le moins contrasté
Dans les grandes entreprises (5 000+ employés), 60 % des développeurs consacrent plus de la moitié de leur temps à la maintenance et à la correction de bugs plutôt qu’au développement de nouvelles fonctionnalités. Le cas critique de Java : pour les équipes Enterprise Java, ce déséquilibre est alarmant : près d’un tiers des ingénieurs passent entre 75 % et 90 % de leur temps uniquement sur la maintenance.
Cette surcharge ralentit la transformation numérique et expose les entreprises à des risques de sécurité si les processus ne suivent pas.
Sécurité et conformité : un plan d’action encore flou
Le rapport souligne une faille inquiétante dans la gestion des vulnérabilités. Alors que les menaces se professionnalisent, 20 % des organisations reconnaissent n’avoir aucun processus spécifique pour traiter les CVE (Common Vulnerabilities and Exposures).
L’utilisation de logiciels en fin de vie accentue le risque : les entreprises s’appuyant sur CentOS ou AngularJS ont deux fois plus de chances d’échouer aux audits de conformité. Ce manque de préparation est d’autant plus critique face au EU Cyber Resilience Act. Seules 16 % des personnes interrogées affirment avoir un plan concret pour faire face à cette nouvelle législation, dont l’application complète est prévue d’ici fin 2027.
| Indicateur 2026 | UE / Royaume-Uni | Amérique du Nord |
| Priorité au déverrouillage | 63 % | 51 % |
| Temps dévolu à la maintenance | > 50 % (moyenne) | > 50 % (moyenne) |
| Prêts pour le Cyber Resilience Act | 16 % | N/A |


