mitchell baker quitte mozilla

Cette fois, Mitchell Baker a bien quitté Mozilla

Après des mois de rumeurs et de rebondissements, la cofondatrice de Mozilla, Mitchell Baker, quitte officiellement le conseil d’administration de la fondation et de sa filiale commerciale. L’annonce a été faite par Mark Surman, président de la fondation Mozilla, qui précise la création d’un nouveau “Leadership Council” réunissant les dirigeants des différentes entités du groupe.

Ce départ marque la fin d’une longue page de l’histoire de Mozilla, au moment où l’organisation cherche à se réinventer.

Une figure majeure de la galaxie Netscape-Mozilla

Avocate de formation, Mitchell Baker est à l’origine de la Mozilla Public License et a longtemps porté la vision d’un internet ouvert et libre. Après avoir participé à la création de la fondation Mozilla en 2003, elle en a assuré la présidence, puis a dirigé la filiale commerciale (Mozilla Corporation) à deux reprises, entre 2005 et 2008, puis de nouveau de 2020 à 2024.

Considérée comme la “gardienne” de l’ADN de Mozilla, elle avait souvent rappelé l’urgence de « restaurer la confiance du public dans la technologie et les institutions », se disant convaincue que Mozilla pouvait « forger un avenir meilleur ».

Des difficultés grandissantes et une nouvelle direction

Depuis plusieurs années, Mozilla fait face à des défis importants : la concurrence de Chrome (et Edge), la stagnation des parts de marché de Firefox et la recherche de nouveaux revenus. Pour y répondre, l’organisation a multiplié les initiatives — fermeture de services annexes, plans de licenciement, ou plus récemment un virage vers l’intégration de l’intelligence artificielle.

Mark Surman insiste sur la nécessité de « simultanément renforcer Firefox et trouver d’autres sources de financement tout en poursuivant la mission de Mozilla ».

La création d’un “Mozilla Leadership Council”, présidé par Surman et regroupant notamment Laura Chambers (Mozilla Corporation), Nabiha Syed (Mozilla Foundation) ou encore Jane Silber (Mozilla.ai), officialise une forme de gouvernance plus collégiale. L’idée est de remplacer la fonction centrale qu’occupait Mitchell Baker par un comité qui partagera la charge de décision, tout en reflétant la diversité des activités du groupe.

Un départ qui marque la fin d’une ère

Mitchell Baker, qui avait déjà exprimé le souhait de retourner en Australie « pour des raisons familiales », avait amorcé un retrait progressif de la direction opérationnelle. Son rôle de présidente exécutive se délite maintenant au profit d’une organisation plus horizontale. Pour Mark Surman, il s’agit de se projeter dans un « nouveau chapitre » : renforcer l’existant (Firefox et la défense d’un web ouvert) tout en misant sur l’IA dite “responsable”, censée redonner un élan aux produits Mozilla.

Pour beaucoup d’observateurs, la présence de Mitchell Baker était intimement liée à l’identité de Mozilla, forgée sur l’héritage de Netscape et l’ambition de proposer une alternative libre face aux géants du web. Son départ est donc très symbolique, mais il n’entérine pas la disparition de ces valeurs. Au contraire, Mozilla entend s’appuyer sur un collectif plus large pour poursuivre sa mission et rester un acteur majeur dans l’univers des technologies libres.

En attendant, Baker laisse derrière elle l’organisation qu’elle a cofondée, avec l’espoir que cette transition donnera à Mozilla l’élan nécessaire pour affronter les nouveaux défis de l’ère de l’IA.

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