C’est le séisme que la Silicon Valley n’avait pas vu venir. Quelques mois seulement après avoir quitté Meta pour fonder sa propre structure, le Français Yann LeCun, lauréat du prix Turing, vient d’être nommé conseiller scientifique en chef de l’AI Alliance. Sa mission ? Piloter le Projet Tapestry, une plateforme conçue pour créer une IA de pointe sans dépendre du bon vouloir des géants propriétaires.
Lancé officiellement ce mardi 7 avril 2026, le Projet Tapestry est bien plus qu’un simple dépôt de code. C’est une plateforme d’entraînement « fédéré » à l’échelle planétaire. L’idée, que Yann LeCun défendait déjà avec ferveur, est aussi simple que puissante : permettre à des nations, des universités et des entreprises d’entraîner ensemble des modèles d’IA massifs sans jamais avoir à échanger leurs données sensibles.
Grâce à Tapestry, chaque participant garde le contrôle local de ses informations tout en contribuant à un « modèle de fondation » commun et open source. Une fois ce socle mondial créé, chaque pays ou institution pourra développer ses propres modèles dérivés, adaptés à sa langue, sa culture et ses lois. C’est la fin de la dépendance forcée aux serveurs de San Francisco ou de Seattle (ou de Pékin ?).
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Yann LeCun : de Meta à la conquête de l’IA souveraine
Le choix de Yann LeCun pour diriger scientifiquement cette initiative n’est pas un hasard. Après une décennie à la tête de la recherche en IA chez Meta, il a co-fondé AMI Labs fin 2025, levant au passage 1,03 milliard de dollars (environ 950 millions d’euros), un record absolu pour un amorçage européen.
Avec AMI Labs, LeCun travaille sur les « modèles du monde », des IA capables de comprendre la réalité physique. En rejoignant l’AI Alliance (une coalition de plus de 200 organisations dont IBM, NVIDIA et de nombreuses universités), il apporte une crédibilité scientifique immense au Projet Tapestry.
« L’IA ne doit pas être contrôlée par une poignée d’entités privées via des produits propriétaires. Le Projet Tapestry est un effort ambitieux pour créer les conditions d’un progrès ouvert et distribué. » — Yann LeCun, conseiller scientifique en chef de l’AI Alliance.

Paris, capitale mondiale de l’IA libre en mai prochain
Le Projet Tapestry n’est pas qu’un concept théorique. L’AI Alliance passe déjà à l’action en convoquant un atelier fondateur qui se tiendra à Paris les 7 et 8 mai 2026. Ce sommet réunira des ingénieurs, des chercheurs en optimisation distribuée et des responsables politiques du monde entier pour définir l’architecture technique et la feuille de route du premier modèle mondial souverain.
Alors que les États-Unis et la Chine se livrent une guerre sans merci pour le contrôle des modèles fermés, l’initiative de LeCun et de l’AI Alliance propose une troisième voie numérique : celle d’une infrastructure commune, transparente et indomptable par un seul acteur. Reste à voir si tout cela fait le poids face aux rouleurs compresseurs américains et asiatiques.
